segunda-feira, fevereiro 04, 2008

"il n 'y a pas encore de ghettos"

Rappelons tout d'abord que les quartiers étiquetés "zones urbaines sensibles" (ZUS) reagrupent 4,46 millions d'habittants. Si ghettos il y avait, ils enfermeraint le dixième de la population urbaine résidente en France. La terminologie du ghetto commence par amalgamer les situations et des populations extrement hétérogèenes, alors que le principal défi, pour une analyse des banlieues, est de rendre compte de cette double hétérogénéité. L'image du ghetto importée des états-unis, qualifie des zones ethniquement homogèenes, abandonnées à elles-memes et vivant en quasi-autarcie.

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Pas plus que la banlieue n'est un "ghetto", le jeune de banlieu n'est un "exclu", si du moins on donne à la notion d'exclusion - ce qui n'est pas souvent le cas à tranvers l'inflaction actuelle de ses usages - le sens un peu précis d'une coupure franche instaurée entre deux catégories de la population.

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Ainsi le problème qu'affrontent ces jeunes n'est pas d'etre "en dehors" de la société ni quant à l'espace qu'ils occupent (la cité n'est pas un ghetto), ni quant au statut qui est leur (beaucoup d'entre eux sont de citoyens et non des étrangers). Mais il ne sont pas non plus "dedans" puisqu'ils n'y occupent aucune place reconnue et beaucoup d'entre eux ne paraissent pas susceptibles de pouvoir s'en ménager une.


CASTEL, Robert, La discrimination négative, Seuil, Paris, 2007

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