terça-feira, julho 29, 2008

Untitled

j’ouvre et je referme la fermeture de mon petit sac de manucure
et elle m’appelle de nouveau
pour me réclamer la lime au manche d’écaille.
jamais je ne la lui donnerai
pas à cause de la lime elle-même
mais à cause de l’histoire sentimentale
de tant de larmes qui sont devenues
de la boue avec la fine poussière de mes ongles
serrant l’écaille, pour éviter une autre larme
et regarder fixement l’ongle limé, pour
ne pas lui montrer que je pleure.
elle sait.
c’est pourquoi elle m’appelle
et la réclame.
elle veut cette lime
elle veut ma lime.
elle veut que je cesse d’en regarder le manche
d’écaille
elle veut que je la regarde elle
mais je ne vais pas la regarder.
cette lime de merde, me dit-elle
cette lime de merde ne vaut rien.
je sais.
je sais.
je ne vais pas lui donner cette lime de merde
à celle qui était mon amie
et qui maintenant m’appelle
en réclamant
cette lime de merde
au manche d’écaille
qui ne vaut même pas un clou
et qui est à moi
parce qu’elle me l’a offerte
parce qu’elle l’a achetée pour moi.
pour mon anniversaire
elle n’imagine pas ce que c’est d’avoir 23 ans !
Maintenant je pars en courant
publier ce poème
dans la revue de mode
pour que toutes mes amies
sachent qu’elle me réclame la lime
d’écaille.

Maria Medrano

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